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Compte Rendu des 6ème Soirées du Jeudi en présence du Dr Toussaint

2013 commence très fort au sein de la section parisienne du SNMKR, avec dès le 17 janvier la reprise des  « Soirées du Jeudi du SNMKR75 », soirées d’échange, d’information et de formation au service de tous les kinésithérapeutes franciliens.

Cette 6ème édition, organisée en partenariat avec Format’ Kiné a donné l’opportunité à nos consœurs et confrères présents  de rencontrer le Docteur Bruno Toussaint,directeur éditorialde la revue « Prescrire »,  afin de faire le point sur le débat qui agite notre profession : "Bronchiolite et kinésithérapie respiratoire, le point sur la polémique". Animée par Alain Abbeys,président du Service d’Urgence de Kinésithérapie respiratoire de Paris (SUK) et vice-président du SNMKR75, la conférence a permis à toutes et tous de questionner le Docteur Toussaint, afin que ce dernier clarifie sa position face à des kinésithérapeutes perplexes et directement impactés dans leur exercice par la parution de l’article  :"Bronchiolites : pas de place pour la kinésithérapie respiratoire" [1]

 

La soirée commence par l’intervention de Christine Ehrmann, présidente récemment élue du SNMKR75, avec la présentation des membres de son nouveau bureau.

Elle informe ensuite les participants de la tenue prochaine des "4ème Journées Francophones de la Kinésithérapie" où le SNMKR sera présent et aura à cœur de répondre aux questions concernant la profession. L’accent est mis sur la qualité des intervenants et sur la pluralité des thèmes qui seront abordés lors de ces JFK.

 

Le Docteur Toussaint vient devant l’assemblée afin que le débat s’installe. Dans un premier temps, le directeur de la rédaction de Prescrire souhaite présenter à l’assistance le fonctionnement de sa revue :

C’est en 1970 que ce magazine est créé par des médecins et des pharmaciens qui souhaitent marquer leur indépendance et mettre en exergue leur esprit critique face aux laboratoires pharmaceutiques, grâce à un autofinancement de la revue par les adhésions (50% de médecins/pharmaciens/étudiants en médecine..). Il souligne aussi le fait que les articles ne sont pas signés par un rédacteur mais relèvent d’un collectif de rédacteurs, qui effectuent une étude précise et comparative de toutes les parutions scientifiques effectuées sur un médicament et pour un traitement donné, afin d’en objectiver l’efficience.

Après ces rappels, le Docteur Toussaint aborde la défense de l’article qui soulève tant d’émotion au sein de notre profession depuis plus d’un mois. En préambule, il précise que cet article souffre de certains « défauts d’écriture » et de dysfonctionnements dans sa communication. En effet l’article omet de préciser dans son titre, son introduction et sa conclusion, que les études sur lesquelles reposent l’avis émis par la revue ne concernent que le secteur hospitalier - le Docteur Toussaint précise qu’un correctif est apporté à l’article dans sa version en ligne.

A ce propos,  Alain Abbeys attire l’attention sur le fait que la profession porte aussi sa part de responsabilité en soulignant l’absence d’étude menée par les kinésithérapeutes exerçant en libéral sur leur activité et sur les traitements qu’ils prodiguent. Christine Ehrmann fait valoir alors l’importance qu’il faudra donner à la formation et à la recherche dans le cadre de la réingénierie de notre profession.

Le Docteur Toussaint décrit ensuite la chronologie des parutions dans Prescrire qui traitent de la kinésithérapie respiratoire dans les cas de bronchiolites du nourrisson. En 2006, la revue titre « Bronchiolite : pas de kinésithérapie respiratoire systématique » [2] s’appuyant sur 3 essais. En 2010, s’appuyant cette fois ci sur 9 essais elle titre « Bronchiolite des nourrissons : essai négatif pour la kinésithérapie respiratoire »[3], pour enfin en venir à la parution de décembre dernier, où la revue appelle les médecins à ne plus prescrire de kinésithérapie respiratoire.

Il défend ces différentes parutions en soulignant le fait qu’il n’y a pas à ce jour d’essai prospectif comparatif « en ville » ; il n’y a toutefois aucune raison que les résultats diffèrent des essais faits en secteur hospitalier. Il répète qu’aucune étude ne montre l’efficacité de ces techniques, bien qu’aucune ne démontre leur inefficacité !

Alain Abbeys aborde alors la problématique des fractures de côtes, fortement relayée par les médias nationaux. Le président du Service d’Urgence de Kinésithérapie respiratoire de Paris souligne que l’étude FRACONOU (18/01/2009) reposant sur 4103 séances analysées dans 35 cabinets participants ne révèle aucun traumatisme thoracique.

Le Dr Toussaint souligne que le rôle de Prescrire est d’informer qu’il peut y en avoir, même si il n’y en a qu’une /an

 En revanche il pose la question de la normalisation et de la régularisation des pratiques dans notre profession, et donc de l’importance de la formation des professionnels via les spécificités d’exercice.

Enfin certains kinésithérapeutes dans l’assistance questionnent le directeur de la rédaction de Prescrire :

« Pourquoi la conclusion émise par la revue ne se corrobore pas à la conclusion de toutes les études citées dans l’article ? » : Le Docteur Toussaint préfère s’appuyer sur le fait qu’aucune de ces études ne peut prouver l’efficacité du traitement kinésithérapique dans les cas de bronchiolites, et qu’en plus certains signaux montrent qu’il peut y avoir des effets indésirables comme les fractures de côtes.

« Comment un article qui ne fait pas la première page de la revue peut être relayé avec tant d’importance dans les média généraux ? » : Monsieur Toussaint explique qu’à chaque parution de la revue, une dizaine de communiqués de presse sont envoyés à ces média, et qu’ensuite chaque journaliste décide de quelle information il souhaite traiter. Il précise alors qu’une erreur a été commise dans le communiqué sur la bronchiolite, puisque là aussi le fait que cette conclusion porte sur la kinésithérapie respiratoire en secteur hospitalier a été omis.

 Un intervenant suggère alors qu’il faudrait améliorer la relecture avant des parutions qui peuvent être délétères et handicapantes pour l’exercice d’une profession.

Pourquoi n’y a-t-il pas dans le comité scientifique de Prescrire, un ou plusieurs MK, comme il y a des IDE qui relisent les articles les concernant ?

« La méconnaissance technique de la pathologie par les rédacteurs et la présence de références d’articles qu’à faibles niveaux de preuves ne devrait-elle pas inciter à la non parution de cet article ? »  : le Docteur Toussaint répond en ces termes : « Absence de preuve n’est pas preuve d’absence ».

« Quels éléments retiennent l’attention des rédacteurs dans le choix des articles sur tel médicament ou telle pratique thérapeutique ? »  : Le Docteur Toussaint indique que depuis 1981, tous les médicaments nouvellement sur le marché sont soumis à une enquête comparative des rédacteurs de Prescrire et que pour le reste, comme dans le cas de la bronchiolite, ce sont les demandes des abonnés qui engendrent une étude et la parution d’un article s’il y a lieu. 

 

Cette 6ème édition se conclut par un rapide « Point UJMK » fait par Romain Dumas, secrétaire général du SNMKR75, qui annonce aux nombreux jeunes kinésithérapeutes présents la réactivation de l’Union des Jeunes Masseurs-Kinésithérapeutes. Cette structure, soutenue par des jeunes syndiqués du SNMKR a pour mission de répondre aux attentes des jeunes diplômés, de les accompagner dans les démarches de leur première installation et de leur offrir la possibilité de rester connectés entre eux malgré un exercice libéral favorisant l’isolement professionnel.

 Romain Dumas


[1] "Bronchiolites : pas de place pour la kinésithérapie respiratoire" Rev Prescrire 2012 ; 32 (350) : 927.

[2] « Bronchiolite : pas de kinésithérapie respiratoire systématique » : absence d’efficacité démontrée mais risque de fracture de côtes, Rev Prescrire 2006 ; 26 (277) : 768-770

[3] « Bronchiolite : un essai négatif pour la kinésithérapie respiratoire », Rev Prescrire 2010 ; 30 (325) : 849


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