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L’UFC Que-choisir demande la disparition des dépassements d’honoraires...

PARIS, 16 octobre 2012 (APM) - L’association de consommateurs UFC-Que choisir a demandé mardi aux pouvoirs publics de faire disparaître les dépassements d’honoraires, avec une phase transitoire les limitant à 40% du tarif de la sécurité sociale.
 
L’UFC-Que choisir a rendu publique mardi lors d’une conférence de presse une étude soulignant les difficultés d’accès géographiques et financières sur le territoire et a formulé plusieurs propositions pour remédier à l’"intolérable fracture sanitaire".
 
L’UFC-Que choisir a étudié la localisation et les prix pratiqués par les médecins de quatre spécialités : généralistes, ophtalmologistes, pédiatres et gynécologues, les trois dernières étant des spécialités avec accès direct. Elle a utilisé pour cela les données disponibles sur le site de l’assurance maladie (www.ameli-direct.fr) -qui ne prend pas en compte les médecins des centres de santé, ndlr.
 
Pour ces quatre spécialités et pour toutes les communes de France, l’association a calculé l’offre de soins disponible en retenant un temps de trajet maximal entre le domicile et le cabinet du médecin de 30 minutes pour les généralistes et de 45 minutes pour les spécialistes.
 
Dans l’étude d’UFC-Que choisir, le désert médical correspond à une densité médicale inférieure à 60% en dessous de la moyenne nationale. L’accès difficile aux médecins correspond à une densité comprise entre 30% et 60%. L’association précise qu’elle a choisi des caractères plus restrictifs que ceux du ministère de la santé.
 
L’UFC-Que choisir a en outre calculé la densité des médecins dans trois situations : avec l’ensemble des médecins quel que soit leur tarif, avec les médecins dont le tarif est au maximum 40% au-dessus du tarif de la sécurité sociale (soit la prise en charge médiane par les complémentaires santé aujourd’hui) et, enfin, les seuls médecins aux tarifs de la sécurité sociale.
 
Pour les généralistes, l’UFC-Que choisir constate "peu de tensions". Seule 5% de la population vit dans un désert médical. Si l’on veut se soigner sans dépassements, 6% de la population est concernée par un désert.
 
En revanche, pour les pédiatres, les inégalités géographiques d’accès aux soins sont plus importantes : 19% de la population vit dans un désert pédiatrique et 28% si l’on ne considère que les médecins qui exercent au tarif de la sécurité sociale.
 
Parmi les villes de plus de 100.000 habitants, la situation est la plus critique pour accéder à un pédiatre sans dépassements à Mulhouse, Le Havre et Orléans, a expliqué Alain Bazot, président d’UFC Que choisir, lors de la conférence de presse, notant que la fracture sanitaire ignore la segmentation ville/campagne.
 
Concernant les ophtalmologistes, 13% de la population vivrait dans un désert médical et 45% de la population en tenant compte des dépassements. Il est particulièrement difficile d’accéder à ce spécialiste sans dépassements dans les villes suivantes : Le Mans, Besançon et Orléans, énumère l’association.
 
Enfin, pour les gynécologues, 16% de la population serait concernée par un désert médical. "Ce chiffre explose si l’on veut se soigner sans dépassements : 54% de la population vit alors dans un désert", ont déploré les représentants de l’association lors de la conférence de presse. L’UFC-Que Choisir signale que trouver un gynécologue exerçant au tarif de la sécurité sociale se révèle plus problématique dans les villes de Lyon, Nice et Paris.
 
DELAI PLUS LONG POUR UN RENDEZ-VOUS EN SECTEUR 1
 
L’association a également enquêté auprès de 536 médecins des trois spécialités (ophtalmologie, pédiatrie et gynécologie) sur tout le territoire pour connaître le temps d’attente avant un rendez-vous (non urgent). Il est de 18 jours pour un pédiatre, 40 jours pour consulter un gynécologue et 133 jours (4 mois et demi) pour un ophtalmologiste tous secteurs confondus.
 
L’association a constaté des différences notables entre les médecins exerçant au tarif de la sécurité sociale et ceux pratiquant des dépassements d’honoraires : cinq jours d’attente supplémentaire pour un pédiatre exerçant en secteur 1 (20 contre 15) et 44 jours de plus (un mois et demi) pour un ophtalmologiste avec dépassements (109 jours) par rapport à un sans dépassements (153 jours).
 
Selon l’UFC-Que choisir, les "moins aisés" sont "triplement pénalisés", puisque, outre les difficultés géographiques et financières, s’ajoutent des délais d’attente rallongés en secteur 1 pour les spécialistes.
 
Pour l’association, la "fracture sanitaire" s’est creusée depuis 30 ans "sous l’effet de l’inaction bienveillante des pouvoirs publics". Elle dénonce l’échec des politiques incitatives contre les déserts géographiques. Selon l’organisation, les revenus hors dépassements des médecins ont crû de 45% depuis 1980, en plus de l’inflation.
 
L’UFC-Que choisir demande, outre la nécessaire renégociation de la rémunération des actes médicaux, plusieurs mesures immédiates pour réduire cette fracture.
 
Outre la disparition progressive des dépassements, elle souhaite un conventionnement sélectif des médecins. "Toute nouvelle installation dans un territoire où l’offre est surabondante ne pourra se faire qu’en secteur 1", suggère-t-elle. Elle demande aussi une réduction des aides publiques accordées aux médecins installés en territoire surdoté.
 
Alors qu’elle regrette de ne pas être invitée aux négociations conventionnelles tripartites sur les dépassements d’honoraires entre médecins, assurance maladie et complémentaires santé, elle espère se faire entendre en intervenant auprès des parlementaires pour qu’ils traduisent dans la loi leurs demandes.
 

L’UFC-Que choisir a ainsi publié sur son site internet une carte interactive présentant gratuitement aux usagers tous les résultats de l’étude, commune par commune, et leur permettant d’interpeller directement leurs parlementaires.